Radar mobile : une faille dans le système ?

Embarqué dans des voitures banalisées, le nouveau radar indétectable présenté comme une arme imparable par la Sécurité routière connaîtrait-il des failles ? Mêlés au flot de la circulation, ces appareils devaient être capables de photographier à la fois les véhicules qui les doublent et ceux qui les croisent dans le sens inverse de circulation... « Et s’il suffisait de contester ? » conclut Christian Proud-Diaz, président de l’Automobile Club de Nice et Côte d'Azur...

Pourtant…
Par l’intermédiaire de l’un de ses membres, l’association « 40 millions d’automobilistes » s’est procurée un procès-verbal d’excès de vitesse constaté par l’un de ces radars réputés « imparables »... « Nous avons alors fait le choix de demander la photographie afin de pouvoir engager une procédure de contestation » explique Ingrid Attal, avocate en droit routier. A la réception du cliché, il s’agissait d’une infraction constatée le 29 octobre 2013 à 14h28 en sens inverse de circulation et « à notre grande surprise, le cliché est si sombre que l’automobiliste n’est absolument pas identifiable, contrairement à sa plaque d’immatriculation » poursuit-elle.
Cela consiste donc à faire prévaloir l’identification du véhicule sur l’identification du conducteur, avec une conséquence juridique directe : en cas de contestation de l’infraction, l’automobiliste peut « sauver ses points », mais reste redevable d’une amende pécuniaire en sa qualité de propriétaire du véhicule.

Un « classement sans suite » pour le moins surprenant…


A la suite de son courrier de contestation, l’automobiliste a eu l’agréable surprise de recevoir une réponse l’informant que son dossier était « classé sans suite ». « Il est assez rare en pratique que l’Officier du Ministère public de Rennes décide de classer une infraction issue du contrôle automatisé sans qu’une faille n’existe dans le système. En général, il convoque l’intéressé à une audience de la juridiction de proximité » reprend Ingrid Attal.


Ces radars de dernière génération ne seraient-ils pas aussi fiables et redoutables que les Pouvoirs publics veulent nous le laisser croire ? « Et s’il suffisait de contester ? » conclut Christian Proud-Diaz, président de l’Automobile Club de Nice et Côte d'Azur, membre associé de « 40 millions d’automobilistes ».